CAMILLE - FLP -

Nous avions laissé Camille virevoltante et magnétique, le corps en transe, transformant le music-hall lillois en temple de chants et de danses improvisées et libératoires à le 11 mai dernier à l'Aeronef de Lille !

Partie près d’Avignon, Camille voulait se baigner de lumière et s’ouvrir à d’autres champs vibratoires. En quête absolue d’une nouvelle énergie proprement solaire, Camille se ressource. Elle s’est installée juste à côté d’une chambre d’écho ancestrale. La Chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction. La chanteuse est plongée dans les fluides d’une bâtisse édifiée au 12ème siècle : les murs parlent et font chanter Camille.

Autour de la voix lead : Un tambour, un chœur rythmique, et un chœur lyrique. C’est de cette troïka originelle que vont naître les chansons. Puis, dans un deuxième temps de cette genèse, Camille laisse progressivement le Moog synthétiser les chansons. Au commencement tout est parti d’un travail sur la pulsation. La pulsation c’est le rythme et le rythme c’est la vie. Mais là encore Camille et Clément Ducol, son fidèle complice artistique depuis le précédent album, ont cherché à désaxer ce travail. Ainsi ont-ils traqué le rythme impair, très libérateur en termes de composition et peu utilisé dans la pop. 

La voix et les mots s’imbriquent, se questionnent, s’interpellent et se fondent. C’est un travail long et précis. Mais on sent la vigueur du mouvement qui habite chaque chanson. Cherchant à l’infini la précision sur le timbre, sur sa sonorité et ses possibles échappées soprano qui ne s’accordent guère d’habitude avec le terrain de cette pop que l’on pourrait qualifier d’intimiste. Il fallait aussi reconnecter avec le sens du rythme par la danse. Cet album va ainsi se connaître et se reconnaître dans l’histoire d’un patrimoine, celui des danses traditionnelles. 
La confrontation des temps a produit cet album profondément contemporain mais aux racines si anciennes qu’il devient l’incarnation sonore de l’intemporalité. Une ultra modernité universelle dont la couleur dominante serait l’indigo. La septième couleur de l’arc-en-ciel. Comme le nombre de notes de la gamme musicale. Chez Camille tout est décidément musique.

jeudi 18 janvier 2018 20h00 - LILLE - THEATRE SEBASTOPOLreserver

retour